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Derniers coups de cœur BD 27 octobre 2013

Posted by aurelhibou in Coup de coeur.
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« Quai des Bulles » s’achève à Saint-Malo, c’est l’occasion pour moi de rédiger un article spécial BD. Adulte en plus, car non, je ne lis pas que des albums et des romans ados 😀

Quelques jours avec un menteur, Etienne Davodeau, Delcourt, 1997 (Encrages) ♥

Dans cet album, pas encore de combat écologique, de Mauges, ni de grosse crise familiale, simplement 5 vieux copains, à l’aube de la trentaine, qui s’accordent 8 jours de vacances à la montagne, loin de leur travail/famille/civilisation. Ce qui devait être une semaine tranquille ponctuée de footings, apéros et parties d’échec (ou de dames, je ne sais plus) devient une semaine de remise en questions et d’interrogations. Un étrange phénomène se propage en France : des bombes de peinture blanche explosent sur les bâtiments publics, mais aucun mouvement ne revendique ces actions. Les hommes s’amusent de ce fait divers tandis que chacun fait le bilan de sa vie, à l’aune du pari pris il y a quelques années : qui deviendrait célèbre en premier ? Victor, membre exaspéré de l’entreprise familiale, Jean et ses problème de couple, Charlie l’intellectuel qui tente de publier un livre, Dominique, le gauchiste et Phil, qui revient de six mois passés en Afrique. Alors, qui ?

Quelques-jours-avec-un-menteur

Le petit monde de Liz, Liz Climo, Delcourt, 2013 (Humour de rire)  ♥♥

Dinosaures, ours polaires, lapins, blaireaux ou encore porc-épiques vivent des petites scène anthropomorphiques très drôles.

le_petit_monde_de_liz

Kiki de Montparnasse, Catel et Bocquet, Casterman, 2007 (Ecritures) ♥♥

Le catalogue de la collection Ecritures rassemble de très belles pages de bandes dessinées en noir et blanc, telles que BlanketsQuartier lointain, Pink et la biographie d’Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse. Ce pavé me faisait de l’œil chaque année au salon du livre de Paris. Enfin, je l’ai eu entre les mains ! Plus que le graphisme de l’illustrateur, c’est la vie agitée, débauchée puis décadente d’Alice qui fascine. Celle qui a connu les plus grands artistes du surréalisme -muse et amante de Man Ray, modèle de Modigliani et Foujita, fut également chanteuse, danseuse de cabaret, peintre et actrice de cinéma durant l’entre-deux-guerres. A lire à la lumière du magnifique ouvrage de photographies de Man Ray (K.Ware, Taschen, 2012)

kiki de montparnasse

La famille, Bastien Vives, Delcourt, 2012, (Shampooing) ♥♥♥

En un coup d’œil on reconnaît le trait vif de Vives (type Polina, pas celui du Goût du Chlore ou Dans mes yeux), qui croque des scènes familiales politiquement incorrectes et pourtant si drôles. D’un ton acéré, « c’est méchamment tendre et c’est à mourir de rire ! » (http://culturebox.francetvinfo.fr)

lafamille

Le guide du mauvais père, Guy Delisle, Delcourt, 2013, (Shampooing) ♥

Même éditeur, même collection, même humour noir, mais moins trash quand même.

guide mauvais père

Saison brune, Philippe Squarzoni, Delcourt, 2012 ♥♥♥

Cet énorme roman graphique (476 p.) n’a pas été publiée dans la collection Shampooing tout simplement parce qu’elle n’est absolument pas drôle. Impressionnante, nécessaire mais tout à fait déprimante. Pour la rédaction d’un autre ouvrage, l’auteur a débuté en 2006 des recherches sur l’écologie et les changements climatiques. Six ans plus tard, il nous livre les résultats de ses enquêtes, rencontres, interviewes de spécialistes. Saviez-vous que les bouleversements en cours provoqueront bien plus qu’une « simple » montée des eaux ? Élévation des températures, modification des précipitation entraînent déplacement des zones climatiques, donc migrations des populations, des animaux et des maladies qui vont avec, engendrent accroissement des inégalités, donc conflits pour les biens les plus précieux : l‘eau et le pétrole. Lequel sera jugé prioritaire ? Seulement, nous avons beau être parfaitement informés de ces dangers, peu d’entre nous sommes prêts à sacrifier notre confort quotidien, à renoncer à découvrir le monde quand on sait qu’il faut autant de temps pour relier Nantes à Montréal en avion que Nantes à Montpellier en train. Et puis, comme l’a dit George Bush au sommet de la Terre à Rio en 1992 « Le mode de vie des américains n’est pas négociable. »

saison brune

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Cas de conscience 18 juillet 2012

Posted by aurelhibou in Coup de coeur.
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J’ai longtemps hésité avant de publier cet article. Tellement longtemps que je n’ai rien écrit depuis près d’un mois et demi.
Pourquoi ? Je me suis demandée si je pouvais aborder d’autres sujets que la littérature jeunesse sur ce blog, axe de développement choisi il y a presque trois ans, à sa création. Je me suis aussi demandée si je devais vous faire part de mes convictions. La réponse est oui, puisque ces dernières font ce que je suis et impactent mon quotidien, tant personnel que professionnel.

On peut choisir un roman « par hasard », au coup de coeur. On choisit très rarement un essai de cette façon : on l’achète ou on l’emprunte parce que le thème qu’il aborde nous intéresse, nous intrigue, nous questionne. C’est ainsi que j’ai choisi de lire Faut-il manger les animaux ?

Lecture au long cours, pour mieux digérer, assimiler et partager chaque information ; c’est à l’heure actuelle le livre le plus marquant de mon parcours de lectrice.

Essai choc, donc, sur les choix alimentaires des sociétés occidentales et sur la souffrance animale -de la naissance à l’assiette, en passant par l’élevage et l’abattage. L’auteur, Jonathan Safran Foer fait part de ses propres anecdotes, de ses interrogations et résume la réflexion qu’il a menée, en particulier depuis la naissance de son fils. Il partage avec nous ses résultats et conclusions, étayés par de nombreuses recherches sur le terrain et de précieux témoignages. Il met dans la balance divers arguments et avance des chiffres qui font réfléchir :

« La norme européenne en vigueur actuellement pour les poules pondeuses est de 550 cm². Elle passera à 750 cm² en 2012. Une feuille A4 fait un peu moins de 624 cm². »

« Une étude récente de l’université de Chicago a montré que nos choix alimentaires contribuaient au moins autant au réchauffement climatique que nos choix en matière de transports. »

« Les études les plus récentes quantifient même le rôle du régime alimentaire : les omnivores contribuent à émettre sept fois plus de gaz à effet de serre que les végétariens. »

Faut-il manger les animaux ? En aucun cas il n’existe d’obligation à en consommer. Néanmoins, il est beaucoup plus difficile de continuer à le faire après avoir lu cet ouvrage édifiant : « pour le dire plus simplement, quelqu’un qui mange régulièrement des produits animaux issus de l’élevage industriel ne peut se dire écologiste sans séparer radicalement ce mot de son sens. ». Sauf si l’on considère que « n’avoir que de très rares contacts avec les animaux permet d’écarter plus facilement les questions concernant la mesure dans laquelle nos actes peuvent avoir une influence sur la façon dont ils sont traités. »

SAFRAN FOER Jonathan, Faut-il manger les animaux ?, L’Olivier, 2011

Concrètement, on fait quoi à la bibliothèque de La Guerche ?

– nous participons aux animations du Programme national nutrition santé (PNNS), en lien avec les écoles de la commune,
– nous proposons à tous des documents qui traitent de l’alimentation et plus généralement de l’écologie : nous avons une valise thématique sur le sujet.

Pour poursuivre la réflexion :

  1. TV :
    200 km à la ronde, sur France 5, émission qui, tout au long du mois de juin, a retransmis l’expérience locavore de 5 familles de la région toulousaine ;
    L’adieu au steak, diffusé sur France 5 le 27 mars 2012
  2. DVD :
    Fast Food Nation, de Richard Linklater (2006), film qui nous montre l’horreur des abattoirs à la frontière Etats-Unis/Mexique ;
    – les documentaires Vu du ciel de Yann Arthus Bertrand, en particulier le volume 5 « Six milliards d’hommes à nourrir » ;
    Nos enfants nous accuseront, de Jean-Paul Jaud (2008) ;
  3. articles et magazines :
    – Le Monde Magazine « Animal, mon égal ? » (n°105, samedi 17 septembre 2011) ;
    – TerroEco, « Végétariens : et s’ils avaient raison ? » (n°37, juin 2012)
  4. livres (tous disponibles à la bibliothèque intercommunale du Pays Guerchais)
    La princesse est malade !, Eric Dauzon, Anneclaire Macé, Goutte de Sable, 2011
    Les caprices de Rosabella, Fulvia Degl’Innocenti, Francesca Carabelli, Planète Rêvée, 2010
    Dis papa, pourquoi ?, Christian Voltz, Bayard Jeunesse, 2010
    Chaude, la planète, Sandrine Dumas, Emmanuelle Houssais, Ricochet Editions, 2009
    Le manchot a rudement chaud, Vincent Gaudin, Barroux, Belin, 2009
    – et pour les adultes : Nous sommes ce que nous mangeons, Jane Goodall, Actes Sud, 2012 (nouvelle éd.)Bonnes réflexions !

Retour de Salon -2e partie 27 mars 2012

Posted by aurelhibou in Actus.
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Les rencontres professionnelles

Remise du Prix Sorcières 2012

Il s’agit d’une « cérémonie » annuelle toujours très attendue pour les passionnés de littérature jeunesse, en particulier les médiateurs, qui pourrait néanmoins bénéficier de davantage de lisibilité et améliorer sa communication. Mais les petites sorcières décernées aux gagnants sont très mignonnes 🙂

Un peu perdu, Chris Haughton, Thierry Magnier

Catégorie Tout-Petits. Je l’ai découvert sur le salon le vendredi, ce fut un véritable coup de coeur. La synchronicité a fait qu’on me l’a offert le soir-même, dans sa version anglaise, dédicacée par l’auteur !

De quelle couleur est le vent ?, Anne Herbauts, Casterman

Catégorie Albums enfants, nous l’avions déjà à la bibliothèque 🙂

L’enfant, Colas Gutman, L’école des Loisirs

Catégorie Premier roman

Les conférences

Les organisateurs se targuent d’avoir reçu l’année dernière plus de 4 000 bibliothécaires et ont donc voulu nous mettre à l’honneur cette année en nous réservant un espace : la plateforme Biblidoc. Quelle belle initiative ! Malheureusement, les organisateurs doivent avoir quelques problèmes de calcul car cette agora ne permettait même pas d’accueillir une centaine de personnes. Lorsque j’ai voulu assister à la conférence « Faut-il encore des bibliothécaires ? », il y avait tellement de monde de chaque côté des entrées qu’il m’était impossible d’écouter ce que les invités avaient à dire. Selon la personne en poste à l’accueil, la conférence n’a pas été enregistrée. Je ne saurai donc pas s’il faut encore des bibliothécaire, si je sers à quelque chose ou si je dois changer de voie dès aujourd’hui. A moins que quelqu’un y ait assisté et me fasse partager ses notes, par pitié 🙂

Sinon, j’ai malgré tout assisté à la très intéressante conférence intitulée « Les enjeux environnementaux du livre », organisée par le Syndicat national de l’édition (SNE). Etaient présents :

Jean-Luc Ferrante, éditeur « écolo-compatible » (La Plage)
Ronald Blunden, directeur de communication chez Hachette Livre (tiens, Hachette a arrêté de bouder le salon !!!)
–  Jean-Marc Lebreton, représentant de la concurrence, chef de fabrication chez Place des Editeurs, Editis
Philippe Monchaux, FCBA (impossible de trouver à quoi correspond l’acronyme, mais ça a un rapport avec les forêts)
Benoît Moreau, ingénieur environnement sécurité et membre de la Fédération de l’imprimerie et de la communication graphique (FICG)

Pour recadrer :

– en France, 689 747 références ont  été vendues en 2011, pour un peu plus de 450 millions d’exemplaires
– les livres ne représentent que 4 % de l’utilisation de papier
– seuls 9 % des livres partent au pilon (qu’ils disent…)

Pour résumer l’intervention :

– le SNE a mis en place une commission qui travaille sur les problématiques environnementales et souhaite rédiger un guide des bonnes pratiques éditoriales (c’est bien !)
– les petits éditeurs écolo-compatibles font attention aux encres et aux papiers qu’ils utilisent ainsi qu’à ce qu’ils publient : plus on est sélectif, plus on s’assure de trouver un lectorat, moins on pilonne (logique !)
– être écolo-compatible n’est pas une difficulté, même pour les petites maisons d’édition.
Hachette a mis en place un plan d’action comprenant, entre autres, l‘étiquetage carbone de chaque livre -càd qu’un bilan carbone individualisé a été réalisé sur chaque titre. Notons que l’empreinte carbone d’un ouvrage est estimé à 1.3kg en France, alors qu’ils de de 4 kg aux Etats-Unis (d’une part parce que les méthodes de calcul ne sont pas les mêmes, d’autre part parce que les procédés de fabrication et les trajets d’acheminement ne sont pas les mêmes).
–  les normes et affichages réglementaires se développent en France : ISO 14 001, FSC, PEFC, etc.
– au niveau français, les surfaces sylvestres augmentent, à la différence de l’échelle mondiale (au cas où vous auriez eu un doute).
40 % de notre papier est importé alors qu’on pourrait davantage exploiter les forêts françaises : il est nécessaire de récolter le bois pour ne pas stocker le carbone.

Pour conclure :

– un livre numérique a une empreinte écologique beaucoup plus lourde qu’un livre papier : l’empreinte des tablettes/liseuses/reader/e-book (à vous de choisir) est considérable de par les matériaux de construction utilisés -plastiques, matières premières rares et non renouvelables-, les quantités de serveurs informatiques qu’elles requièrent et la consommation d’électricité à chaque fois qu’on la recharge (arguments Hachette). Aujourd’hui, seul Apple affiche le bilan carbone de son IPad, mais sans en préciser la méthodologie.
– le papier recyclé, qui engendre un surcoût, ne peut contenir au maximum que 60 % de fibres recyclées pour conserver des propriétés correctes, il est nécessaire d’injecter de nouvelles fibres pour obtenir de la qualité ; cependant, en tant qu’imprimeur, il est difficile de trouver du papier recyclé en France.
–  les imprimeurs doivent se (re)postionner, ils vivent une période de mutation, comme l’ensemble de la chaîne du livre. Pour eux, l’avenir est dans le service. Ils doivent tendre vers le livre « mieux imprimé, en bonne quantité, distribué entre de bonnes mains ».

Les expositions

Naruto avait une place de choix dans le salon, pour fêter son 10e anniversaire. Mais je vous avouerai que je n’ai pas prêté beaucoup d’attention à ce héros de manga.

J’ai préféré cheminer dans la Cité, qui présentait différents travaux d’architectes portant sur des médiathèques déjà construites où dont le projet est en cours de réalisation. On remarque que toutes axent leur développement autour de l’idée de « la médiathèque 3e lieu« . Certaines sont au coeur de projets de rénovation urbaine (Vitrolles, Saint-Malo), d’autres ont été conçues au sein d’éco-quartiers (Colombes). C’était une exposition intéressante et bien construite, qui donnait envie de visiter tous ces beaux bâtiments.