jump to navigation

Je suis indignée 11 février 2014

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , ,
add a comment

Près d’une trentaine de bibliothèques publiques ont fait l’objet, ces derniers jours, de pressions croissantes de la part de groupuscules fédérés sur internet par des mouvements extrémistes qui en appellent désormais à la lutte contre ce qu’ils appellent les « bibliothèques idéologiques ».

Ils se rendent dans les bibliothèques de lecture publique, exercent des pressions sur les personnels, les somment de se justifier sur leur politique d’acquisition, fouillent dans les rayonnages avec une obsession particulière pour les sections jeunesse, et exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu’ils prétendent incarner.

Aurélie Filippetti, Ministère de la culture et de la communication

Je suis bibliothécaire : après avoir abandonné l’idée d’être dessinatrice chez Disney, c’est le métier que j’ai toujours voulu exercer. En choisissant cette voie, jamais je n’aurais imaginé que cette profession était autant sujette à controverses. Pourtant, on a étudié le cas de la ville d’Orange en cours d’ « éthique et déontologie ». On y a appris qu’en 1996 la municipalité FN ingérait la politique d’acquisition de la médiathèque, de façon à ne plus trouver de contes du monde entier ou d’ouvrages traitant du racisme sur les rayonnages. Mais c’était en 1996, au siècle dernier, à l’époque où j’étais en CP.

Je suis bibliothécaire jeunesse : je m’occupe de l’ensemble du secteur pour les enfants de 0 à 18 ans. Cela signifie que je vois passer à peu près tous les enfants du territoire. Si ce n’est pas en compagnie de leurs parents, c’est au multi-accueil, à la protection maternelle et infantile (PMI), au relais parents et assistantes maternelles (RAM), à l’accueil de loisirs (ALSH), à l’espace jeunes, à l’école ou au collège.

Je suis responsable de la politique d’acquisitions : j’achète l’ensemble des livres et des CD audio pour les 0-18 ans. Et c’est moi qui décide de ce qui intègre ou non le fonds de la médiathèque.

Je suis indignée. Je n’ai pas particulièrement une âme engagée, encore moins belliqueuse. Je l’avoue, je n’ai jamais manifesté, je déteste les mouvements de foule. J’ai effectué toute ma scolarité dans une école privée catholique –oui, oui, de la petite section à la terminale. Cela ne m’a pas empêchée de me servir de mon cerveau, de ma conscience et de mon cœur.

Depuis une semaine, je me sens particulièrement concernée et révoltée par l’actualité. Je suis outrée par les inepties rédigées sur le site du Salon Beige. Ma tension monte à sa lecture, mais il faut bien savoir de ce dont on parle avant de critiquer. Ce qui n’est visiblement pas le cas des rédacteurs de ce site lorsqu’ils écrivent que des « bibliothèques idéologiques » proposent dans leurs « rayons destinés à la jeunesse des ouvrages inspirés du gender » [Michel Janva, 10/02/2014].

Je m’intéresse depuis pas mal de temps aux questions de genre. Je viens justement de finir Le nouvel ordre sexuel de Serge Hefez. Je peux donc vous assurer que tous les livres incriminés dans cette polémique obscurantiste ne relèvent pas du gender. Ces livres traitent de la diversité du réel. De même qu’il y a des livres sur la naissance, la mort, le sommeil, la nourriture et tout ce qui compose notre quotidien et celui des enfants, il y a des livres dans lesquels les garçons pratiquent la danse, les filles deviennent présidentes, les parents sont homosexuels ou divorcent. Mais rassurez-vous, il y a aussi des livres dans lesquels les parents sont mariés et hétérosexuels. Et il y a même des T’choupi, des Martine et des Petit Ours Brun. Parce qu’il faut de tout pour faire un monde et satisfaire les usagers. Les fonds des bibliothèques jeunesses reflètent les évolutions de la société et comme le souligne l’association des bibliothécaires de France « c’est le rôle des bibliothèques et des bibliothécaires que de proposer au public des livres pour toutes et tous et sur tous les sujets pour favoriser les débats, lutter contre les prescriptions idéologiques et donner aux enfants comme aux adultes les clés pour comprendre le monde dans lequel ils vivent. »

En 1997, le directeur de la BM, nommé par le FN, disait « La bibliothèque est le lieu privilégié où peut s’exercer une influence idéologique en profondeur : ne sous-estimons pas cet outil de reconquête des esprits ! ». Alors oui, je pars à la conquête des esprits lorsque je constitue le fonds jeunesse de la médiathèque, c’est pourquoi vous y trouverez les livres suivants :

  • Tango a deux papas, et pourquoi pas ?
  • Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ?
  • Oh, Boy !
  • All together
  • Jean a deux mamans
  • Nous, les hommes !
  • Papa n’a pas le temps…
  • La fête des deux mamans
  • Déclaration d’anniversaire
  •   Si papa, si maman…
  • Le dé-mariage
  • La princesse Finemouche
  • Billy Elliot
  • La catcheuse et le danseur
  • A calicochon
  • A quoi tu joues ?
  • Histoire de genre
  • Et pourquoi pas ?
  • Marre du rose
  • Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon
  • La liste de Noël
  • et bien d’autres…

Ma dernière commande s’appuyait sur la bibliographie subversive du CRDP de Grenoble « Pour bousculer les stéréotypes fille garçon ». Seront donc bientôt dans les bacs : Olivia, reine des princesses, On n’est pas des poupées, Mamangue et Papaye.

Sapin maison 24 décembre 2013

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags:
add a comment

Cette année, de nombreuses médiathèques ont eu la même idée que nous !
Elles aussi ont fait leur sapin.
On en trouve quelques uns sur ce site « porno » pour bibliothécaires.
Et voici le nôtre :

Sapin médiathèque

 

Bonnes fêtes de fin d’année !

Prix Ados 2014 – Je n’ai pas lu ceux qu’il fallait 19 octobre 2013

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , , , ,
add a comment

Les titres des romans du Prix Ados viennent de paraître. La présélection en comptait 60, la sélection n’en comporte plus que 8. Pour la médiathèque, j’en avais acheté 20 cet été et lu 5. Aucun ne fait partie de la sélection finale. Tant pis. Je vous présente quand même les ouvrages à lire pour voter pour le Prix 2014 :

Le cœur en braille, Pascal Ruter, Didier Jeunesse

Décollage immédiat, Fabien Clavel, Rageot

Mon père est américain, Fred Paronuzzi, Thierry Magnier

Où est passée Lola Frizmuth ?, Aurélie Guerlach, Gallimard Jeunesse

Peur express, Jo Witek, Actes Sud

Plus jamais sans elle, Mikaël Olliver, Seuil

Swing à Berlin, Christophe Lambert, Bayard Jeunesse

Théa pour l’éternité, Florence Hinckel, Syros

Sélection Prix Ados 2012-2013 – Chaque soir à 11 heures 1 novembre 2012

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , ,
add a comment

Voici déjà un mois qu’est parue la nouvelle sélection du Prix Ados. Pour l’année 2012-2013, voici les ouvrages sélectionnés :

L’accident, Agnès Aziza (Grund)
Bal de Givre à New York, Fabrice Colin (Albin Michel Jeunesse)
Chaque soir à 11 heures, Malika Ferdjoukh (Flammarion)
Le garçon qui volait des avions, Elise Fontenaille (Rouergue)
Le carnet rouge, Annelise Heurtier (Casterman)
Délit de fuite, Christophe Léon (La Joie de Lire)
Terrienne, Jean-Claude Mourlevat (Gallimard Jeunesse)
Desolation Road, Jérôme Noirez (Gulf Stream)

Ces huit titres sont issus d’une présélection composée de 60 livres pour adolescents, dont les bibliothèques et CDI reçoivent la liste au cours de l’été. Chaque année, j’en achète quelques uns avant la sélection définitive en essayant de deviner lesquels y figureront. Cette fois, deux des huit  ouvrages (soit 1/4) étaient déjà dans nos rayons avant l’annonce officielle début octobre ! Il s’agit de Chaque soir à 11 heures et de Terrienne.

J’avais choisi le livre de Malika Ferdjoukh car, adolescente, la lecture de la quadrilogie Quatre soeurs m’avait enthousiasmée. De plus, le titre m’intriguait : que se passe-t-il chaque soir à 11 heures ? Voici le résumé de Ricochet :

« Willa Ayre, la narratrice, fréquente un lycée huppé dont les étudiants sont, pour la plupart, issus des hautes sphères parisiennes. Son amie Francesca, héritière des hôtels Hilbert – et directement inspirée de Paris Hilton –, l’invite régulièrement aux soirées qu’elle donne dans un palace de la capitale. Son frère Iago est le premier à voir en Willa une fille passionnante. Ils vivent tous deux une jolie histoire lorsqu’à l’anniversaire de Fran, Willa rencontre Edern, un adolescent que le décès de ses parents a rendu morne et taciturne. Alors même que le beau Iago devient fuyant, Willa s’approche de la famille d’Edern Fils-Alberne et en découvre le tragique passé. Le décor pailleté laisse ainsi place à une maisonnée aux intensions obscures. Et la plume vive et percutante de l’auteure de s’emballer ! Poursuivie dans la rue, Willa échappe à plusieurs tentatives de meurtre, alors qu’à « Fausse-Malice » la pendule s’arrête chaque soir à 11 heures. »

Une enquête, une histoire damour, des intrigues dignes de Gossip Girl, tout ces ingrédients auraient pu faire un excellent roman. Malheureusement trop de situations improbables qui s’enchevêtrent, trop de prénoms étranges à la Nothomb (pas un seul personnage n’a un prénom couramment porté !) et quelques fautes non corrigées à la relecture par Flammarion, ce sont autant d’éléments qui m’ont déçue. Mais après tout, ceci est mon point de vue d’adulte, peut-être que les adolescents n’auront pas le même regard et la critique allègre. Pour terminer sur une note positive malgré tout, soulignons la pétillante  petite soeur d’Edern, Marni. Cette petite fille, passionnée par la musique et grande utilisatrice/créatrice de barbarismes est tout à fait attachante.

La médiathèque et les collèges de La Guerche sont partenaires du Prix Ados : si vous avez entre 13 et 15 ans et/ou que vous êtes en 4e ou en 3e, vous avez jusqu’au 31 décembre pour vous inscrire dans ces structures, afin de participer au Prix Ados. Vous pourrez alors emprunter les ouvrages et voter pour celui qui vous aura le plus séduit. Résultats au mois de juin !

Festivals du livre en Bretagne 25 octobre 2012

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , , ,
add a comment

L’automne n’est pas une saison morne pour tout le monde, en tout cas, pas en Bretagne ! Voilà de quoi rythmer vos fins de semaine :

Festival du livre en Bretagne, les 27 et 28 octobre à Carhaix (29).  Au programme : café littéraire, débats sur la traduction des livres breton/français et l’influence du livre politique sur le peuple breton. Et comme ils pensent à tout, il y a un espace jeunesse qui propose des ateliers d’arts plastiques, une pièce de théâtre (en breton) et des lectures musicales.
Les infos sont ici

Salon du livre jeunesse, du 16 au 18 novembre à Fougères (35) axé sur le thème des secrets et des mystères. Lectures à voix haute, contes mystérieux, projections de courts-métrages, expositions, ateliers d’écriture et de BD, cosplay, etc. : de nombreuses animations qui n’attendent que vous et surtout les enfants ! Pour les professionnels, la journée sera consacrée aux jeux vidéos, avec l’intervention des auteurs Fabrice Colin et Florian Ferrier.
Pour tout savoir, c’est par .

Bons weekends dans les livres !

Bulles des prés 2012 29 septembre 2012

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , , , ,
add a comment

« Ils voient des vaches partout ! »

C’était le nom de l’événement organisé par Le Grand-Bornand en 2000. A La Guerche-de-Bretagne, les vaches sont aussi à l’honneur chaque année sur l’affiche d’un événement consacré à la bande dessinée : Bulles des Prés.

L’édition 2012 aura lieu le 6 octobre au Centre Culturel Patrick-Lassourd/La Salorge. Au programme, des rencontres et dédicaces avec des auteurs-illustrateurs de BD : Florent Calvez, Sébastien Corbet, Nicolas Ryser, François Ravard et Frédéric Boulleaux, ainsi que deux ateliers avec Beno (inscriptions au 02.99.96.22.20).
N’oublions pas également la remise des prix Bulles des Prés. Depuis juillet dernier, les lecteurs de la bibliothèque ont été invités à lire et élire leur BD préférée parmi La page blanche (Boulet/Pénélope Bagieu), Les ignorants (Etienne Davodeau), Portugal (Cyril Pedrosa) et le tome 2 de Chez Francisque (Manu Larcenet/Yann Lindingre). Il vous reste donc quelques jours pour lire ces ouvrages et tenter de remporter celui qui vous aura le plus séduit !

Rendez-vous au Centre Culturel de La Guerche à partir de 10 h 00 samedi 6 octobre et sur le nouveau profil facebook de la bibliothèque !
https://www.facebook.com/bibliotheque.laguerche?fref=ts

Remise du Prix Ados 2011-2012 10 juin 2012

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , ,
add a comment

La remise du Prix Ados 2011-2012 a eu lieu au Triangle, à Rennes, mercredi 6 juin. Avant cela, tout un programme de réjouissances a été offert aux adolescents -avec qui on m’a souvent confondue…

« Cérémonie » d’ouverture

Les ados ont pu récupérer un chèque lire d’une valeur du 8 euros, bénéficier des précieux conseils des libraires de La Courte Echelle, dont le stand était agréablement fourni, découvrir les versions audio des romans, présentées par Carole de la médiathèque Lucien Herr (Saint-Jacques-de-la-Lande) et, surtout, assister à la rencontre avec leur auteur favori !

La seule lectrice inscrite à la bibliothèque pour le Prix Ados avait choisi de rencontrer les auteurs d’Oksa Pollock et de Strom. Le parallèle entre ces deux romans de l’imaginaire écrits à deux mains était fort intéressant, les adolescents posant des questions de lecteurs passionnés. Ainsi, nous savons désormais qu’il y aura bientôt une adaptation cinématographique d’Oksa, que ce n’est pas encore le cas pour Strom, mais que les auteurs réfléchissent actuellement à une suite à donner à la trilogie.

Rencontre avec les auteurs de Strom et Oksa Pollock

Les animateurs qui ont remis le Prix nous ont fait languir, nous menant sur de fausses pistes et donnant de faux espoirs à certains auteurs, tout ceci pour nous annoncer une nouvelle qui, somme toute, n’a pas surpris grand monde. Cette année, le Prix Ados Rennes/Ille-et-Vilaine a été décerné à Cendrine Wolf et Anne Plichota, auteures d’Oksa Pollock. Je sais quel livre il me reste à prendre avant de boucler ma valise pour partir en vacances 😉

Remise du Prix à Cendrine Wolf et Anne Plichota

Soirée d’inauguration du Prix Ados 6 juin 2012

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , , , ,
add a comment

Ce soir avait lieu la soirée d‘inauguration du 19e prix Ados Rennes/Ille-et-Vilaine. A l’honneur ? Les auteurs, évidemment. Les invités ? Juste les bibliothécaires et les documentalistes ! C’était une soirée fort sympathique qui a permis de rencontrer, en avant première -ou pas- 8 des 10 auteurs de la sélection de romans 2011/2012. Deux tables rondes composées de 4 auteurs se sont succédées, au cours desquels chacun a présenté son ouvrage.

La première table ronde a réuni

Maryvonne Ripert, pour Metal Mélodie
Jean-Michel Payet, pour Mademoiselle Scaramouche
Cendrine Wolf et Anne Plichota pour Oksa Pollock, T.1

Maryvonne Ripert, Jean-Michel Payet, Cendrine Wolf, Anne Plichota

Les organisateurs du Prix Ados ont choisi de réunir ces 4 auteurs autour d’une table car leurs romans sont empreints de la même toile de fond : la filiation. Il m’est difficile de comparer ces ouvrages puisque je n’ai lu que Mademoiselle Scaramouche. En effet, je n’avais pas l’intention de lire Oksa Pollock car il s’agit d’une quadrilogie Metal Mélodie trône sur ma table de chevet depuis 3 semaines -j’ai préféré commencer G229 de J.-P. Blondel. L’intervention de chacun n’en était pas moins intéressante. Les 4 auteurs  conçoivent différemment l’écriture : que ce soit son processus ou la façon dont ils envisagent le public auquel ils adressent leur production, chacun emprunte un chemin différent dans le pays de la littérature de jeunesse.

La deuxième table ronde a réuni

Timothée de Fombelle, pour Vango, T.1
François Place, pour La douane volante
Emmanuelle et Benoît de Saint-Chamas, pour Strom, T.1

Timothée de Fombelle, Benoît et Emmanuelle de Saint-Chamas, François Place

Cette fois, les auteurs ont été réunis car leurs livres traitent tous du rapport au temps passé et/ou au temps protéiforme. J’avais déjà rencontré François Place et Timothée de Fombelle, séparément, et ç’avait été très plaisant. Les voir tous les deux réunis autour d’une même table est un vrai régal : ils s’entendent comme larrons en foire ! Là encore, chacun explique les choix qui l’ont mené à construire de telle ou telle manière ses personnages et son histoire, donnant des précisions sur le processus de conception et celui de rédaction. Les deux tables rondes ont accueilli des « couples » d’auteurs. En effet, Oksa Pollock et Strom ont été écrits à deux mains. Mais les de Saint-Chamas n’ont pas les méthodes d’écriture que les mères d’Oksa, et c’est sans doute ce qui fait, en partie, la richesse de la littérature jeunesse. Benoît de Saint-Chamas nous en dira certainement plus jeudi après-midi, puisque nous le recevons à la bibliothèque, avec les adolescents des deux collèges de la commune.

Il manquait donc à cette soirée Jean-Philippe Blondel, auteur de Blog -mais ça je le savais, car il m’avait dit au Salon du Livre qu’il ne pourrait se libérer-, ainsi qu’Anne Percin, auteure de Comment (bien) rater ses vacances.

Demain auront lieu à Rennes les rencontres des auteurs avec les adolescents ainsi que la remise du Prix. Pour qui avez-vous voté ?

Entre ciel et terre 4 avril 2012

Posted by aurelhibou in Actus, Coup de coeur.
Tags: , ,
add a comment

Deuxième bilogie (comment ça, ce terme n’existe pas ?) de Timothée de Fombelle, on aurait pu souhaiter que, pour cette oeuvre-ci, le plus attrayant des auteurs jeunesse (après Benjamin Lacombe ?), se permette d’écrire une trilogie. Car même s’il déclare dans une interview lisible sur Ricochet qu’il « le préfère à l’obligation de la trilogie », condenser en deux uniques tomes un récit aussi dense, aussi foisonnant, c’est un peu perturbant, voire frustrant.

D’une incroyable richesse et d’une redoutable inventivité, l’histoire de Vango mériterait bien davantage de pages pour que le lecteur puisse remettre tous les éléments dans  le bon ordre. Si la glose et les notes sur un carnet personnel ne suffisent pas, vous prendrez sans aucun doute un très grand plaisir à relire les deux romans.

Le premier tome, Entre ciel et terre, fait partie de la sélection du Prix Ados 2012. Dès les premières lignes, on fait la connaissance de Vango.

1934. Jeune homme sur le point d’être ordonné prêtre au pied de Notre-Dame, Evangelisto voit son quotidien à nouveau bouleversé.  Élevé par sa nourrice sur une sauvage île sicilienne suite à la mort de ses parents dans d’atroces mais néanmoins mystérieuses conditions, Vango passe ensuite quelques années dans un monastère invisible avant de devenir l’ami d’Hugo Eckener, commandant antinazi d’un zeppelin allemand. Durant de nombreuses années, et pour des raisons qu’il ignore, il est poursuivi par les polices française et russes. Les mystères s’amoncellent, précipitant la fuite en avant du jeune homme, le tout sur un fond historique passionnant.

Ricochet en fait une très bonne critique (toujours Ricochet !), que je ne peux égaler :

« L’aventure souffle à tous les coins de page, les morceaux de bravoure s’enchaînent sans excès […] et le lecteur dérouté se laisse emporter à composer un puzzle passionnant. Si l’histoire ne ressemble guère à celle de Tobie Lolness, l’auteur exprime encore son goût pour les audacieux, ceux qui vont de l’avant et se lancent sans filet dans la vie. La langue est savoureuse, finement drôle ou touchante, avec un sens inné de la formule qui vient éclairer après coup, ou de l’image plaisante […]. Chacun des multiples personnages est soigné en quelques mots, quelques détails qui lui donnent chair ; du plus insignifiant à celui qui fait progresser l’action, tous concourent à la création d’un univers global réaliste, et forcément au plaisir de lecture. La suite de Entre ciel et terre s’attend dans l’impatience de voir se révéler les secrets de celui que l’on a déjà adopté, Vango Romano. »

Prix Livre entête- roman Ado 2011
Prix « Les mordus du polar » 2011
Prix jeunesse 2011 des libraires du Québec

Vango, T.1 « Entre ciel et terre », Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse, 2010, 382 p.

Vango, T.2 « Un prince sans royaume », Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse, 2011, 393 p.

 

Retour de Salon -2e partie 27 mars 2012

Posted by aurelhibou in Actus.
Tags: , , , ,
add a comment

Les rencontres professionnelles

Remise du Prix Sorcières 2012

Il s’agit d’une « cérémonie » annuelle toujours très attendue pour les passionnés de littérature jeunesse, en particulier les médiateurs, qui pourrait néanmoins bénéficier de davantage de lisibilité et améliorer sa communication. Mais les petites sorcières décernées aux gagnants sont très mignonnes 🙂

Un peu perdu, Chris Haughton, Thierry Magnier

Catégorie Tout-Petits. Je l’ai découvert sur le salon le vendredi, ce fut un véritable coup de coeur. La synchronicité a fait qu’on me l’a offert le soir-même, dans sa version anglaise, dédicacée par l’auteur !

De quelle couleur est le vent ?, Anne Herbauts, Casterman

Catégorie Albums enfants, nous l’avions déjà à la bibliothèque 🙂

L’enfant, Colas Gutman, L’école des Loisirs

Catégorie Premier roman

Les conférences

Les organisateurs se targuent d’avoir reçu l’année dernière plus de 4 000 bibliothécaires et ont donc voulu nous mettre à l’honneur cette année en nous réservant un espace : la plateforme Biblidoc. Quelle belle initiative ! Malheureusement, les organisateurs doivent avoir quelques problèmes de calcul car cette agora ne permettait même pas d’accueillir une centaine de personnes. Lorsque j’ai voulu assister à la conférence « Faut-il encore des bibliothécaires ? », il y avait tellement de monde de chaque côté des entrées qu’il m’était impossible d’écouter ce que les invités avaient à dire. Selon la personne en poste à l’accueil, la conférence n’a pas été enregistrée. Je ne saurai donc pas s’il faut encore des bibliothécaire, si je sers à quelque chose ou si je dois changer de voie dès aujourd’hui. A moins que quelqu’un y ait assisté et me fasse partager ses notes, par pitié 🙂

Sinon, j’ai malgré tout assisté à la très intéressante conférence intitulée « Les enjeux environnementaux du livre », organisée par le Syndicat national de l’édition (SNE). Etaient présents :

Jean-Luc Ferrante, éditeur « écolo-compatible » (La Plage)
Ronald Blunden, directeur de communication chez Hachette Livre (tiens, Hachette a arrêté de bouder le salon !!!)
–  Jean-Marc Lebreton, représentant de la concurrence, chef de fabrication chez Place des Editeurs, Editis
Philippe Monchaux, FCBA (impossible de trouver à quoi correspond l’acronyme, mais ça a un rapport avec les forêts)
Benoît Moreau, ingénieur environnement sécurité et membre de la Fédération de l’imprimerie et de la communication graphique (FICG)

Pour recadrer :

– en France, 689 747 références ont  été vendues en 2011, pour un peu plus de 450 millions d’exemplaires
– les livres ne représentent que 4 % de l’utilisation de papier
– seuls 9 % des livres partent au pilon (qu’ils disent…)

Pour résumer l’intervention :

– le SNE a mis en place une commission qui travaille sur les problématiques environnementales et souhaite rédiger un guide des bonnes pratiques éditoriales (c’est bien !)
– les petits éditeurs écolo-compatibles font attention aux encres et aux papiers qu’ils utilisent ainsi qu’à ce qu’ils publient : plus on est sélectif, plus on s’assure de trouver un lectorat, moins on pilonne (logique !)
– être écolo-compatible n’est pas une difficulté, même pour les petites maisons d’édition.
Hachette a mis en place un plan d’action comprenant, entre autres, l‘étiquetage carbone de chaque livre -càd qu’un bilan carbone individualisé a été réalisé sur chaque titre. Notons que l’empreinte carbone d’un ouvrage est estimé à 1.3kg en France, alors qu’ils de de 4 kg aux Etats-Unis (d’une part parce que les méthodes de calcul ne sont pas les mêmes, d’autre part parce que les procédés de fabrication et les trajets d’acheminement ne sont pas les mêmes).
–  les normes et affichages réglementaires se développent en France : ISO 14 001, FSC, PEFC, etc.
– au niveau français, les surfaces sylvestres augmentent, à la différence de l’échelle mondiale (au cas où vous auriez eu un doute).
40 % de notre papier est importé alors qu’on pourrait davantage exploiter les forêts françaises : il est nécessaire de récolter le bois pour ne pas stocker le carbone.

Pour conclure :

– un livre numérique a une empreinte écologique beaucoup plus lourde qu’un livre papier : l’empreinte des tablettes/liseuses/reader/e-book (à vous de choisir) est considérable de par les matériaux de construction utilisés -plastiques, matières premières rares et non renouvelables-, les quantités de serveurs informatiques qu’elles requièrent et la consommation d’électricité à chaque fois qu’on la recharge (arguments Hachette). Aujourd’hui, seul Apple affiche le bilan carbone de son IPad, mais sans en préciser la méthodologie.
– le papier recyclé, qui engendre un surcoût, ne peut contenir au maximum que 60 % de fibres recyclées pour conserver des propriétés correctes, il est nécessaire d’injecter de nouvelles fibres pour obtenir de la qualité ; cependant, en tant qu’imprimeur, il est difficile de trouver du papier recyclé en France.
–  les imprimeurs doivent se (re)postionner, ils vivent une période de mutation, comme l’ensemble de la chaîne du livre. Pour eux, l’avenir est dans le service. Ils doivent tendre vers le livre « mieux imprimé, en bonne quantité, distribué entre de bonnes mains ».

Les expositions

Naruto avait une place de choix dans le salon, pour fêter son 10e anniversaire. Mais je vous avouerai que je n’ai pas prêté beaucoup d’attention à ce héros de manga.

J’ai préféré cheminer dans la Cité, qui présentait différents travaux d’architectes portant sur des médiathèques déjà construites où dont le projet est en cours de réalisation. On remarque que toutes axent leur développement autour de l’idée de « la médiathèque 3e lieu« . Certaines sont au coeur de projets de rénovation urbaine (Vitrolles, Saint-Malo), d’autres ont été conçues au sein d’éco-quartiers (Colombes). C’était une exposition intéressante et bien construite, qui donnait envie de visiter tous ces beaux bâtiments.